C’est l’enseigne gourmande qui a rendu accros les parisiens à la pâtisserie la plus savoureuse du Portugal. On a donc eu irrésistiblement envie de rencontrer celui qui est à l’origine de cette folie gustative ! Après des études à la Boston University et un MBA à Columbia, Victor Silveira  débute sa carrière dans le marketing et le branding. C’est à New York dans le cadre professionnel qu’il rencontre Christophe son futur mari et associé. De retour en Europe, le couple passe quelques années au Portugal en Algarve puis s’installe à Paris pour initier ses habitants aux fameuses pastéis de nata. C’est ainsi que depuis plus de 8 ans, petits et grands se régalent. Retour sur une success story avec son co-fondateur.

 


On ne peut pas faire goûter des pasteis de nata online… Mais peut-être pouvez-vous la décrire à ceux qui ne la connaissent pas.
Le pastel de nata est à Lisbonne ce que le macaron est à Paris. Une institution ! C’est une tartelette feuilletée et crémeuse unique. Le feuilletage est travaillé pour être croustillant et délicat. Au cœur, une crème légère, presque aérienne, qui se déguste nature ou saupoudrée de cannelle.

 

D’où vous vient votre recette ?
C’est un savoir-faire que m’a transmis ma mère. Elle était la reine des pasteis dans les îles des Açorts où nous vivions : elle en cuisinait pour tous les voisins, dès qu’une occasion se présentait. Ils préféraient lui commander plutôt que d’aller à la pâtisserie ! Plus tard, quand nous sommes partis nous installer aux États-Unis, elle a continué de régaler ses proches. J’ai mis la main à la pâte très jeune (j’étais et je suis toujours très gourmand !) : je l’aidais contre un peu d’argent de poche. C’était mon premier job !

Comment vous est venue l’idée « saugrenue » de vouloir vendre des pasteis de nata aux parisiens ?
En tant que portugais le pastel de nata fait partie de ma culture et de mon enfance : c’est un peu ma madeleine de Proust. Quand on a décidé de quitter l’Algarve pour Paris, je me suis rendu compte qu’il y avait une importante communauté portugaise mais pas de pasteis ! C’est un double défi que l’on s’est lancé avec Christophe. Primo, vendre une spécialité lisboète dans une ville réputée dans le monde entier pour ses pâtisseries de qualité. Deuxio, ouvrir une boutique mono-produit dans le Marais à une époque où on était les premiers à proposer du « sucré ». Les premiers banquiers que l’on a rencontrés nous ont d’ailleurs demandé combien de temps on espérait durer… Je leur ai répondu que la pâtisserie de Belem ne désemplissait pas depuis 1837 !

 

Pourquoi les pasteis de Belem sont-elles si réputées ?
Pour amidonner leurs vêtements, sœurs et moines utilisaient les blancs des œufs. Les jaunes repartaient en cuisine… A Belem, au monastère dos Jeronimos, ils s’en servaient pour cuisiner une tartelette au cœur crémeux si savoureuse qu’elle fit bientôt parler d’elle dans tout le Portugal. Un certain Domingos Rafael Alves a décidé de commercialiser la recette si bien que tous ceux qui venaient visiter le monastère faisait une pause gourmande. Une légende était née.

 

Votre maman doit être fière aujourd’hui ?
Oui, elle est très fière et surtout elle est toujours très surprise de savoir que la majorité de nos clients sont des français ! Et qu’il y a une longue file d’attente pour venir déguster ses pasteis.

 

Vous n’avez rien changé de sa recette originelle ?
Non… enfin je la fais avec un peu moins de sucre (il ne faut surtout pas lui dire !) parce que je me suis rendu compte en vivant en France que les portugais les mangeaient vraiment très sucrées. Les palais français la préfèrent moins sucrée.

 

 Depuis plus de 8 ans, le plus parisien des rendez-vous lisboètes a fait des petits : l’épicerie Tasca, la porte à côté rue du roi de Sicile, où l’on peut se procurer les meilleurs produits de la gastronomie portugaise ou déjeuner sur le pouce. Et Comme à Lisbonne a ouvert rue de Mogador dans le 9e. Si vous ne connaissez pas encore leurs pasteis de nata, courez les goûter ! Ce sont indéniablement les meilleures de France et du Portugal. A savourer au comptoir comme à Lisbonne ou à emporter dans une jolie boîte.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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