On imagine cette rencontre pendant des mois. Ou pas. On l’appréhende, on s’impatiente, on la redoute, on l’attend…Et comme chaque naissance est différente, chaque rencontre l’est tout autant. C’est pour cela que l’on adore vous donner la parole. Pour raconter les premières minutes de ce temps qui s’arrête, de la magie mais aussi de ces émotions multiples et paradoxales qui font de nous des femmes et des hommes uniques et profondément aimants.

“J’ai accouché comme je voulais, la veille de mon déclenchement !”
Je voulais un accouchement physiologique, le plus naturel possible mais dans un lieu médicalisé au cas où. Dans ma maternité c’était possible, parfait ! Mais petit bout ne se montrant pas, on prévoit le déclenchement à 40j+2, le jour du terme écho de contrôle, il n’est toujours pas décidé à venir. Je vois mon souhait d’accouchement disparaître. Le soir même, une sensation qui ressemble à une contraction, le papa va dormir, moi j’attends…mais toujours rien dans la nuit. Je vais dormir à mon tour. Au réveil, tout s’accélère. Je traîne pour faire le plus de travail à la maison. Douche, danse, ballon : tout y passe. Vers 12h, ça s’intensifie mais je veux passer le moins de temps possible en salle d’accouchement et n’ayant pas perdu les eaux, je me dis que nous avons encore du temps devant nous, le papa lui comprend qu’il va falloir y aller. Nous arrivons vers 13h à la maternité. 13h43, notre fils était là. Pour un premier ce fut express, mais j’ai réussi à avoir l’accouchement que je souhaitais, la veille de mon déclenchement prévu. Les sages-femmes et mon gynéco nous ont conseillé de venir plus rapidement pour les suivants !7 mois et demi plus tard je me le remémore, cela me semble si loin. Je n’ai pas réalisé de suite, puis la sage-femme l’a posé rapidement sur moi et je me suis mise à pleurer de joie en me disant : “j’ai fait un petit être, c’est le mien et il est là, enfin, tout beau, tout fragile, je n’ai pas cessé de le regarder, je ne l’ai pas lâché. Puis est venue l’émotion d’appeler ma maman qui est devenue grand-mère pour la première fois. Et la fierté du papa !Julie, maman d’ Antoine, 8 mois

“J’ai poussé ce cri de la délivrance. Celui qui disait “ciaoooo” à 8 ans d’attente !”
J’ai mis du temps à tomber enceinte. 8 ans que j’attendais. 3 FIV, des fausses-joies, l’envie de laisser tomber et puis BAM : ce bébé qui s’accroche avec force ! Je peux enfin y croire. Je passe ma grossesse a avoir le sentiment d’être en porcelaine, on m’alite les deux derniers mois…et puis à 12 jours du terme, tu me fais comprendre que tu veux sortir. Je sais que tu es là dans peu de temps. Je pleure déjà à la maison, aux premières contractions. Pas de douleur, mais de joie mon amour. J’ai envie de crier partout, à tout le monde, que ma vie va changer, que je vais être celle que j’ai toujours rêvé d’être : ta maman ! La valise est prête depuis 1 mois, mon coeur archi ready depuis pfiouuu …trop longtemps. Dans la voiture vers la maternité, j’ai mal mais qu’est-ce qu’on rit avec ton papa. On rit nerveusement, on est comme des gosses, on trépigne, on pile au feu rouge, on accélère, on souffle, on respire, on rit encore, on se prépare à la claque. Arrivés à bon port, on me dit que je suis sur le point d’accoucher, qu’on va y aller, qu’on n’ a pas le temps pour la péridurale. “Pas grave, je m’en fiche de la péridurale !”. J’ai super mal mais je sens que la vie n’est pas loin et qu’elle va m’agripper comme une folle dans quelques minutes. Quelques poussées ont suffi, tu étais archi prête à nous rejoindre. Je ne suis pas certaine que ton papa ait tout bien suivi, il pleurait tellement qu’il a passé son temps à essuyer ses larmes. Moi, j’ai poussé ce cri de la délivrance. Celui qui annonçait ton arrivée fracassante, celui qui disait “ciaoooo” à 8 ans d’attente. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai snifé ta peau, j’ai touché du bout des doigts tes cheveux noirs, j’ai embrassé ton papa et j’ai dit : “Je vais t’aimer comme t’as pas idée.” Louisa, maman de Malena, 13 mois.

“Je ne te trouvais pas beau même si je t’aimais très fort.”
Le papa est japonais, je suis française. Quand on a appris que j’étais enceinte, on s’est vite demandé à qui de nous deux tu ressembleras le plus. Très vite, on nous annonce un beau petit garçon qui avoisinera sûrement les 4kg, avec de bonnes joues. Puis arrive (enfin) le jour de l’accouchement. Je perds les eaux dans la nuit mais pas de contractions. On rejoint la maternité au petit matin puis l’attente commence.Les heures passent sans que rien ne change mais on nous assure que ce sera pour aujourd’hui, ou pour demain. Puis, dans l’après-midi les douleurs commencent. Le personnel médical se demande si ce sont vraiment des contractions, car malgré la douleur que je ressens, mon ventre ne se durcit pas. Je ressens cette douleur de 15 heures à 22h45. J’avais espoir, à chaque examen, que mon col se dilate mais non, ça ne progressait pas. J’avais aussi espoir qu’on me donne quelque chose pour soulager. Mais ici, au Japon, on accouche sans péridurale. Puis vers 22h45, une envie de pousser et le ventre qui se durcit (enfin !). J’étais à dilatation complète. On m’installe sur la table et je sens tout. Après plusieurs poussées on me dit que bébé a du mal à sortir et qu’il va falloir couper. Je sens tout, mais comparé aux douleurs de l’après-midi, ce n’est rien.J’essaie de me concentrer sur bébé qui arrive, j’imagine un poupon bien potelé avec plein de cheveux et les yeux ronds. Et tu es là, 47cm, minuscule, à l’air fragile. Tu ne me ressembles pas. Je me suis même demandée s’ils ne s’étaient pas trompés, on ne voyait que la partie japonaise. Je ne te trouvais pas beau même si je t’aimais très fort. Tout le monde disait te trouver mignon mais j’avais l’impression que c’était plutôt par courtoisie… Je ne me suis pas sentie coupable. Je me suis dit qu’il devait y avoir plein de mamans comme moi, qui n’ont pas ce déclic de trouver que leur bébé est la huitième merveille du monde. Et qu’on ne parlait pas d’elles. Mon fils a 3 mois aujourd’hui et ce n’est que depuis peu que je le trouve enfin beau, peut-être parce qu’il ressemble « enfin » à l’image que je m’en faisais.Mais ce qui est sûr, c’est que malgré ces sentiments, je l’ai aimé dès la première minute.Natanaèle, maman de Simon, 4 mois.

“Je crois que je n’étais pas vraiment prête à donner la vie.”
Peu habituée au milieu hospitalier, je suis arrivée à la maternité un dimanche en fin de matinée. Je n’avais pas vraiment de grosses contractions mais un ressenti étrange… Du coup, avec mon compagnon, nous avons pris la valise de la maternité avec en tête que j’allais revenir chez moi dans quelques heures. Après plusieurs monitorings où le coeur de mon bébé fatiguait, la sage-femme a décidé de me déclencher. Ca y est, je ne pouvais plus faire marche arrière, j’allais donner naissance à mon fils et démarrer une nouvelle vie dont je n’appréhendais pas du tout l’ampleur. Je crois que je n’étais pas vraiment prête à donner la vie et j’ai suivi tous les conseils et consignes de l’équipe médicale qui m’a entouré durant mon passage à la maternité. Sans ces femmes et ces hommes, je ne pense pas que ça serait si bien passé. 3h31, en ce lundi matin, il est né. Un peu bleu par manque d’oxygène, la sage femme me l’a posé quelques secondes et il est reparti aussitôt. Les minutes sans lui m’ont semblé être des micro secondes, sûrement l’effet de la péridurale. En tout cas, ce petit bout d’amour de 53cm est entré dans ma vie. Dès qu’il est revenu, nous avons fait du peau à peau et il a bien évidemment tété. Un souvenir incroyable qui restera marqué dans mon âme. Ce moment unique, seuls moi et mon fils pouvons nous en souvenir. Caroline, et son fils Hugo, 2 ans et 8 mois

Photo : @fotografie_eweliny

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