Et si mini n’avait pas vraiment besoin de nous ? Si, pour lui apprendre à marcher, il suffisait de le laisser faire ? Cette méthode a un nom : la motricité libre. On vous donne la marche à suivre pour la mettre en pratique.

1. S’approprier ce concept

La motricité libre ne date pas d’hier. Développé par la pédiatre hongroise Emmi Pikler dans les années 60, ce concept repose sur l’idée que bébé est déjà capable d’apprendre à utiliser son corps et à marcher tout seul. Cette approche aiderait l’enfant à développer une meilleure conscience de lui-même et de ses capacités. Elle favoriserait aussi l’estime de soi, grâce à l’autonomie qui lui est accordée.

Le rôle de ses parents, et de tous les adultes qui l’entourent, est d’accompagner chaque étape sans chercher à la provoquer, en suivant le rythme de bébé. Pas question de devancer ses capacités. Mais pas question non plus de ne pas l’aider du tout : on peut intervenir pour mettre l’enfant dans les bonnes conditions, créer un environnement favorable à ses apprentissages.

2. Avancer pas à pas

Souvent très attendus, les premiers pas symbolisent les débuts de la liberté pour bébé. Dans la motricité libre, ils représentent simplement une étape de son développement psycho-moteur. Une étape certes importante, mais pas un aboutissement en soi.

Avant de marcher, bébé doit savoir :

• Se retourner sur le ventre
• Ramper
• Avancer à quatre pattes
• S’asseoir et se tenir assis
• Se mettre debout, en s’aidant d’un mur ou des meubles qui l’entourent
• Se mettre debout sans appui

Toutes ces étapes sont expliquées en version illustrée sur le site de l’Association Pikler Lòczy, Pratique pour observer tous les progrès accomplis par bébé avant de marcher.

3. Le laisser vivre pieds nus

Trouver son équilibre, développer ses points d’appui, c’est plus facile lorsqu’on sait où l’on pose les pieds. Marcher pieds nus permet aussi à bébé de se muscler, de gagner toute la tonicité dont il aura besoin pour se redresser et avancer avec stabilité.

Lorsqu’il fait un peu trop froid, ou pour le protéger des glissades, on opte pour des chaussons à semelle souple et anti-dérapante qui laisseront à son pied toute sa liberté de mouvement. Les chaussures à semelle rigide, ce sera pour ses premières balades en extérieur, sans la poussette et sans les bras.

5. Baliser le terrain

Apprendre à marcher, c’est aussi apprendre à tomber. Pour le laisser expérimenter en toute sécurité, on peut aménager un petit espace d’apprentissage. Pour cela, il suffit de choisir un coin dégagé de sa chambre ou du salon, et d’y installer un tapis assez rigide pour qu’il y trouve ses appuis mais pas trop dur pour amortir les chutes.

6. Jouer la carte du minimalisme

Coussins, transat, parc… autant d’outils tentants pour s’assurer que bébé ne risque rien. Le souci ? Il limitent aussi ses possibilités de mouvement et peuvent ralentir l’apprentissage des différentes étapes préalables à la marche. Les trotteurs sont également déconseillés car ils ne reproduisent pas les conditions véritables de la station debout.

Rien de tel que de l’allonger sur le dos sur son tapis, ou sur le ventre s’il est capable de se tenir ainsi, pour l’encourager à bouger seul. On peut également déposer quelques jouets autour de lui : sa curiosité lui donnera envie de tendre le bras, voire de tenter son premier 4 pattes.

7. Résister à l’envie de l’aider

Pas évident, on sait. C’est pourtant lui rendre service car si bébé n’arrive pas à faire quelque chose seul, c’est qu’il n’est pas encore prêt. On évite donc de l’asseoir ou de le mettre debout en lui tenant les mains : il pourrait se retrouver coincé dans une position qu’il ne maîtrise pas, sans avoir toutes les ressources nécessaires pour en sortir.

8. Et s’il prend son temps

De nombreuses raisons peuvent expliquer un retard dans l’apprentissage de la marche. On peut commencer par consulter pour s’assurer que cela cache un problème plus sérieux. Lorsque les inquiétudes sont levées, on n’oublie pas que mini a de nombreuses étapes à compléter avant de savoir marcher.

Pour comprendre ce qu’il se passe, cet épisode des Maternelles offre de nombreuses pistes. Tout comme le témoignage de Nathalie, qui nous raconte comment son petit bout a trouvé son chemin de quatre à deux pattes à 19 mois. Ou le livre De la naissance aux premiers pas de Michèle Forestier, et son site Internet : deux mines d’informations sur l’apprentissage tardif de la marche, où plonger sans modération.

 

Photo : @jauraispumappelermarcel

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