Parce qu’ils ne sont pas toujours tout près, que beaucoup travaillent encore et que nos “jeuniors” vivent eux aussi à cent à l’heure, créer le lien n’est pas toujours aussi simple qu’on l’imaginait. C’est pour cela que l’on est allé demander à des parents remplis de bonnes intentions, comment ils avaient aidé ce lien à se tisser pour être chaque jour un peu plus fort.

 

Les vacances, l’aventure.

“Laurent, papa de Margot et Emile : Nos parents vivent respectivement dans le Perche et à Lille. Si ce n’est pas super loin, ce ne sont pas non plus des grands-parents du quotidien. Après avoir bien compris cela, on s’est dit avec ma femme que ça allait être encore mieux que cela. Alors très tôt, on a confié notre fille puis notre fils, puis les deux à leurs grands-parents : une semaine chez les uns, une semaine chez les autres. Avec une consigne : les laisser libre de faire comme ils l’entendaient. Que ce soit une vraie aventure, un monde à eux. Résultat : Nos enfants de 5 et 7 ans vivent ce lien comme une respiration, un jardin à part où l’herbe n’est pas forcément plus verte qu’ailleurs mais juste différente !

 

Les photos, partout.

Juliette, maman de Madeleine : “Ma fille de 2 ans et demi a très tôt eu besoin d’appeler ses grands-parents. Entre ceux qui sont partis s’installer à la campagne, la mamie à 1h30 de bouchons de Paris et le papi installé au Portugal…whatsapp vidéo est devenu notre allié. Alors pour sortir du virtuel, on a accroché plein de polaroïds au dessus de son lit. Des photos qui mettent en scène les gros câlins et les moments forts avec ses papis et mamies mais aussi leurs compagnes et compagnons respectifs. Ajouté à cela, les albums qu’on s’oblige à faire régulièrement. Parce qu’ils en passent du temps de qualité ensemble bien sûr mais pour que tout cela s’imprègne bien dans le désir “quotidien” des enfants, regarder encore et encore papis et mamies en photos, en parler, commenter, rejouer les scènes…c’est le plaisir et le besoin de notre fille pour nourrir ces liens.”

 

La slow life avec mamie. 

Jasmine, maman de Léontine et Grégoire : “Il y a les déjeuners du dimanche en famille avec tous les cousins qui courent partout et ma mère qui fait des allers-retours en cuisine comme si elle tenait une brasserie en plein Paris, les mercredis après-midi où la mamie fait un peu le taxi pour emmener nos enfants au karaté, au poney ou chez le dentiste et puis il y a les moments où l’on appuie sur PAUSE. Parce qu’on s’est dit que leur mamie ressemblait parfois trop à une nounou et que personne n’y trouvait son compte, on a zappé certaines activités extra-scolaires pour laisser du vraie temps de qualité à ma maman avec les petits. Alors, un mercredi sur deux, les enfants vont chez mamie et savourent les plaisirs simples d’une session peinture à l’eau, d’un gâteau aux pommes, d’un atelier pâte à sel, de jeux de société ou d’une chasse aux trésors dans le jardin. Et ça crée mieux que des moments extra-ordinaires : des souvenirs à la pelle !”

 

Le courrier du coeur

Pierre, papa de Mia et Sarah : “Mes parents sont tout près de la maison mais comme on se retrouve souvent tous ensemble dans notre maison, ils n’ont pas tant de moments que cela en tête à tête avec eux. Alors très naturellement s’est instaurée une drôle de routine. Juste adorable. Mes filles ont pris l’habitude de choisir de jolies cartes pour leurs grands-parents dans la librairie du coin. Elles adorent y passer du temps. Une fois la pépite trouvée, elles écrivent un long mot dans lequel elles parlent de leur semaine à l’école, des copains, des coups de coeur et des coups de griffes, des petits coups de mou et des bêtises…et parfois des choses très philosophiques ! Quand on les retrouve le week-end, elles leur donne. On y trouve des pépites et des confidences en or dans ces courriers que je suis de moins en moins autorisée à lire d’ailleurs ! Ce qui est génial c’est que mes parents y répondent en retour, sur des cartes choisies avec soin pour l’occasion.”

 

Les liens invisibles.

Amandine, maman d’Adèle et Gaspard : “Mon père n’est plus là. Il est parti quand ma fille avait 9 mois. Je me suis très vite posée la question du lien que j’allais pouvoir tisser entre mon bébé et son papi qu’elle ne rencontrera jamais. Il était trop important pour moi de les unir d’une manière ou d’une autre. J’ai commencé par accrocher une petite photo de ma fille dans les bras de mon papa. Sur le frigo, sans y mettre trop de “poids”. Puis j’en ai parlé comme un papi vraiment présent. Physiquement. Et ce qui est magique chez les enfants c’est qu’ils ne se posent pas toutes les questions que nous nous posons. Ils recoivent naturellement les choses. Alors le petit nom de son papi est sorti de sa bouche au moment des premiers mots. Puis le livre “Capitaine papy” est devenu un livre fétiche dès l’âge d 1 an et demi. Je n’y avais pas mentionné le parallèle subtile avec le décès de mon père mais elle a vite compris des choses…puisqu’elle dit aujourd’hui que c’est le livre de son papi. Chez ma mère, les photos de mon papa ont eu le droit à de gros bisous très vite et aujourd’hui à presque 3 ans, c’est devenu un rituel joyeux. Maintenant, je glisse régulièrement des “papi pense fort à toi”, “papi te protège tu sais” quand elle m’en parle. Toujours avec le sourire. Le même que lorsque je l’amène au cimetière et qu’elle dépose une jolie fleur. Parce que les liens du coeur sont forcément là”.

 

Source : La Boum 2 – Claude Pinoteau

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