Alors, il marche ?

16 septembre 2019


Mon mini avait 14 mois, la question était sur toutes les bouches : la boulangère, les grands-parents, le pédiatre, cet inconnu dans le train qui était assis à côté de nous… Il a quel âge : un an ? Alors, il marche ?” Je pensais : “Non il ne fait rien du tout, il reste couché par terre et se met à pleurer quand il a besoin de quelque chose !” Mais je répondais poliment : “Non pas encore, on lui laisse le temps.” Je grimaçais un sourire gêné et une légère angoisse m’étreignait la gorge. Pourquoi mon tout petit ne se déplaçait-t-il pas encore ? Était-il normal ?

Après quelques semaines à cogiter avec son papa, à en parler au pédiatre, tester l’osthéo (sans effet miracle) et à nous prendre la tête avec les (mauvais) conseils des grands-parents, on a décidé de consulter. J’ai appelé quelques psychomotriciens trouvés sur Doctolib. Les premiers appels m’ont découragée : le prix des séances, la complexité dans un quotidien chargé entre les réunions, les aller-retours chez la nounou, le délai pour avoir un rendez-vous…

En fouinant sur Internet, je suis alors tombée sur le site de Michèle Forestier, une kiné spécialiste de l’apprentissage de la marche. J’ai commandé son livre De la naissance aux premiers pas. En une soirée, je l’ai dévoré d’un bout à l’autre et j’ai compris bien des choses : notre petit garçon n’allait pas se mettre à courir du jour au lendemain, il avait encore beaucoup à apprendre !

La marche est la dernière des étapes. Avant de marcher, mon fils devait apprendre à se retourner, être à l’aise à plat ventre pour ramper, savoir s’asseoir seul, se mettre à genoux, à quatre pattes, se lever tout seul. Une multitude de gestes tout nouveaux pour lui, et qui ont mis plusieurs mois à s’installer. Il avait besoin de tous les maîtriser pour être bien à l’aise dans son corps.

Pourquoi cet apprentissage ne s’était pas mis en place chez lui ? Parce qu’on ne lui en avait pas laissé la possibilité ! Depuis ses 3 mois, nous le mettions chaque jour dans son transat, nous l’asseyions calé contre des coussins, et il n’avait pas eu l’occasion d’explorer son corps et son environnement. Résultat : dès qu’on l’installait couché sur son tapis, il se mettait à pleurer pour qu’on l’asseye, incapable de le faire tout seul. Bien sûr, des facteurs physiques et génétiques avaient sans doute contribué à ralentir sa progression (des membres de nos familles avaient marché tard, il pesait un bon poids pour son âge…) mais la raison principale était facile à résoudre.

Après cette lecture, nous avons donné la possibilité à notre fils de réapprendre chaque étape, avec des petits jeux simples, faits régulièrement avec nous et avec sa nounou. Au bout de deux jours, il savait se retourner seul, une semaine, ramper lentement, un mois se mettre à genoux, puis marcher à quatre pattes, se lever…

Il a finalement marché à 19 mois, mais nous ne nous sommes plus inquiétés : dès lors qu’il progressait, il avait l’air si heureux de découvrir son corps, de se déplacer, de réussir à attraper les objets et à découvrir notre appartement, que l’âge de la marche nous importait peu ! 

Les conseils que nous avons appliqués :

1. Laisser l’enfant libre de ses mouvements : la meilleure position d’éveil est à plat sur le sol ou sur un tapis d’éveil. Le mettre par terre, en toute liberté, plusieurs fois par jour, dès 4-5 mois et jusqu’à la marche. Les transats, coussins et chaises hautes, l’entravent dans la découverte de sa mobilité et ses déplacements.

2. L’habiller de manière confortable : des vêtements élastiques, confortables, surtout quand il rampe sur le sol (bodies en été, salopettes, pyjamas, leggings et sweats tout doux, plutôt que robes ou jeans slim). L’enfant a besoin de changer de position tout le temps (de couché à assis, à genoux, à 4 pattes…) et ne doit pas être gêné dans ses mouvements.

3. Le choix des chaussures : pour se muscler les pieds, les chevilles et trouver son équilibre, l’enfant a besoin de sentir le sol. Le laisser pieds nus dès que possible (à la maison ou à la crèche) et privilégier des chaussons à semelles souples et anti-dérapantes, comme ceux de la collab’ Easy Peasy x émoi émoi quand il fait plus frais. Réserver les chaussures à semelles rigides aux enfants qui marchent déjà, pour les sorties en extérieur.

4. Ne pas brûler les étapes ! L’enfant doit découvrir seul chaque nouvelle position. C’est difficile de résister à la tentation, mais il ne faut pas asseoir l’enfant avant qu’il ne sache le faire tout seul ou le faire marcher en lui tenant les mains s’il ne sait pas se lever. Il fera lui-même ses premiers pas, en s’appuyant d’abord sur un meuble ou un petit chariot, puis se lancera tout seul quand il sera à l’aise.

5. Ne pas s’inquiéter : chaque enfant a son rythme d’apprentissage, l’important est qu’il progresse d’une manière ou d’une autre. Il est peut-être en train de découvrir le langage avec ses premiers mots, la motricité fine en attrapant de petits objets, de parfaire son quatre-pattes… La marche n’est qu’une étape, certes spectaculaire, mais un bébé apprend des milliers de choses chaque jour !

Pour aller plus loin : De la naissance aux premiers pas, Michèle Forestier.

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