Depuis 5 ans, son trait de crayon et son univers aussi doux que réconfortant mettent du baume au coeur de la chambre de nos enfants. Cette saison, l’illustratrice danoise Michelle Carlsund s’est prêtée à la création du plus #waouh des bestiaires pour illustrer l’initiale de nos enfants. Maman de deux jeunes enfants, elle nous parle de ses inspirations, de son travail de création (en plein confinement) et de sa philosophie en matière d’éducation. Plongée dans l’univers délicat de la plus cool des mamans. 
 
 
Vous avez dessiné ce joli bestiaire durant le confinement. Cela a été difficile ? Inspirant ? 
Un peu des deux ! Nous avons deux enfants : Cléo 3 ans et demi et Otto, 1 an et demi. Et comme tous les parents, ils étaient avec nous à la maison à plein temps durant les 8 semaines de confinement. J’aime énormément mes enfants mais la période a été difficile ! Nous avons eu la bonne idée d’acheter une petite maison d’été près de l’océan en octobre dernier. Ce qui nous a permis de nous échapper de notre appartement de ville et de profiter de l’espace et de la nature en essayant de penser le moins possible au climat angoissant. Mon mari et moi sommes tous deux indépendants et avons dû travailler tout au long du confinement. Nous étions reconnaissants d’avoir du travail mais il était presque impossible de gérer les nuits rythmées par les réveils de notre bébé et les longues journées à combler avec des activités cool pour les enfants, sans amis, familles ou endroits où aller. Je peux vous dire que nous avons jeté beaucoup de pierres dans l’eau durant ces semaines !

 
Qu’avez-vous particulièrement aimé dans ce projet de bestiaire parent-bébé ?
Pour pouvoir travailler tranquillement durant le confinement, nous avons transformé la maison d’amis en petit bureau. J’ai apprécié m’isoler pour dessiner chaque lettre de notre bestiaire, le casque vissé sur les oreilles, la musique relaxante qui berçait mes coups de crayon, en consacrant du temps à quelques respirations. Une parenthèse essentielle pour casser la routine de ce confinement. J’adore aussi créer ce genre d’illustration qui allie “contraintes” – dans ce cas précis, les lettres de l’alphabet – tout en laissant place à beaucoup de liberté avec les animaux à créer en écoutant mes envies et en y mettant ma signature artistique. Ce projet était aussi fun que doux à réaliser. Heureusement, les enfants ont pu retourner à la garderie juste après le confinement, ce qui m’a permis de finir toute la post-production des affiches et de gérer la logistique plus sereinement. 
 

Vous êtes maman d’une petite fille et d’un petit garçon. En quoi la maternité a-t-elle changé votre façon de dessiner ?
Cela a eu un effet indéniable, oui. À chaque fois que j’ai un doute, un blocage sur une illustration, que je me sens perdue, j’essaie d’imaginer que je la dessine pour mes enfants. Cela m’aide à rester connectée à mes émotions et me remet immédiatement sur les rails de mon inspiration. J’appréhende aussi mieux ce que les enfants aiment, ce qui provoque chez eux le plaisir et l’amusement. Depuis que je suis maman, je suis aussi plus organisée dans mon travail. Je travaille 5 à 6 heures par jour pendant que les enfants sont à la garderie et dès qu’ils sont à la maison, je m’arrête. Avant d’avoir des enfants, je ne comptais pas mes heures mais aujourd’hui, en arrêtant de travailler à 15h, cela m’oblige à être très concentrée. J’aime cette nouvelle manière de travailler. C’est un bon équilibre vie pro / vie perso, idéal à cette période de ma vie. Cela dit, cela peut être parfois frustrant de ne pas profiter pleinement de ma zone créative. Mais j’aurai tout le temps de l’exploiter quand les enfants seront plus grands 😉

Quelle maman êtes-vous ? Et qu’aimeriez-vous transmettre à vos enfants ?
J’essaie de laisser beaucoup de place aux rires et aux câlins au quotidien pour faire de la maison une bulle sereine et chaleureuse. J’essaie aussi d’être la plus naturelle possible avec mes enfants. Je ne suis pas une personne différente en fonction de la casquette que je porte (maman, amis, compagne…). Je pense que quand on passe autant de temps ensemble, il est impossible d’être toujours « parfaite ». J’ai la conviction qu’il est bénéfique pour les enfants de percevoir les émotions qui peuvent traverser un adulte. Je ne cache pas à mes enfants les jours où je suis en colère ou triste. Je leur explique comment je me sens et pourquoi je me sens comme cela. Et j’avance ! Ce qui compte le plus pour moi ? Que mes enfants soient honnêtes, de bons amis et qu’ils soient gentils avec les autres. Aujourd’hui et dans leur vie d’adulte.

Vous décrivez votre travail comme enjoué, chaleureux et nostalgique. Et vous, comment vous décririez-vous en trois mots ? 
Ah.. On me l’a déjà demandé plusieurs fois et j’ai toujours du mal à répondre ! J’espère que mon travail reflète ma personnalité. Je dirais optimiste, consciencieuse et enjouée. 

Vous êtes malvoyante de l’oeil droit, en quoi ce handicap est-il devenu une force ?
En effet, cela peut sembler ironique dans mon métier mais je suis quasiment aveugle de l’œil droit. C’est assez bizarre quand on travaille autant avec la vue. Je ne sais pas si je vois le monde et les couleurs comme les autres personnes. Je sais que je n’ai pas une très bonne notion des distances aussi – si je n’arrive pas à attraper mon verre d’eau du premier coup, je n’y arriverai peut-être jamais ! Mais apparemment on n’a besoin que d’un seul œil pour dessiner 😉 

Quel est votre petit plaisir coupable? 
Les frites ! Je peux en manger à n’importe quelle heure. Quand j’étais petite, je ne me sentais absolument pas coupable d’en manger. J’avais entendu que les pommes de terre étaient bonnes pour la santé. Malheureusement, je sais maintenant qu’on ne peut pas en manger tous les jours.

Quelles valeurs vos parents vous ont-ils transmises? 
 Mes parents ont leur propre entreprise de comptabilité, qu’ils ont lancée en partant de rien quand j’avais quatre ans. Ce n’était pas compliqué pour moi de faire le choix de monter ma boîte, j’ai grandi avec. Au niveau personnel, ils ont toujours tiré le meilleur de chaque situation. J’ai entendu un proverbe chinois qui dit : Quand le vent souffle, certains construisent des murs, d’autres construisent des moulins. Mes parents sont les personnes les plus fortes et généreuses que je connaisse. Je les admire, et j’essaie d’être aussi forte qu’eux pendant les périodes difficiles. 

 

 

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